Il était une fois…
Il était une fois, la petite sirène.
Elle se plaisait à regarder les vagues d’en bas, comme l’on regarde allongé dans l’herbe, les nuages. A espérer respirer comme l’on retient son souffle parfois, heureux des secondes tenues sans air. Femme enfant, prisonnière des reflets bleus d’une vie qui nage sans elle.
La voila qui parcourt les vagues escarpées des jours de tempête, qui nage en vain les jours de silence, à la recherche d’un nouveau monde… Un monde fait d’air et de feu, de vent et de larmes visibles.
Impuissant poisson qui ne sait marcher, qui ne peut comprendre ce qu’est le vertige.
Elle rêve sa vie jusqu'à perdre le sens de celle qui l’entoure de coquillage, de ballets médusé, d’algues entortillées. Elle ne voit plus briller, la nuit, les poussières d’étoiles que lui envoie la lune par rayon mouillé.
Elle ne sent plus l’apesanteur délicieuse qui confond le bas du haut, et qui maintient le corps dans une danse suspendue, sans fil, sans autre danger que la grâce aveuglante des
mouvements ralentis.
Elle ne cherche plus à attirer les marins à elle, à les emporter au creux des vagues sans fonds. Mais n’attends qu’une chose, qu’ils l’emmènent au pays de la voix claire, dans le monde de la chaleur, dans l’univers où les algues se font d’écorces, et où chacun de ses pas lui rappellera que tomber fait mal.
Petite sirène, malheureuse fillette qui cherche sa place.
Fille de roi, à la voix cristalline, vibrante de fragilité, à l’allure gracieuse … ne sait voir en elle qu’une coquille vide, des cheveux trop mouillés, un corps qui ne sait décider entre l’eau et la terre.
Fille de l’eau, toi qui a les yeux embués d’avoir trop plongé dans le monde solaire, pourquoi cherches-tu à brûler quand tu peux te fondre dans les abimes sans t’y noyer ?
Il était une fois…
Une fille, entre l’eau et la terre, qui ressemble à toutes celles qui se promènent le long des berges de la vie, hésitant entre plonger et courir.
Il était une fois, le grand bleu, et la forêt vierge. Deux mondes pas tant opposés que ça... si ce n'est que leur immensité dangereuse est bien trop attirante pour qu’ils puissent être vécus ensemble.
Deux Univers, à choisir ou mourir.
Une frontière qui sépare d’une onde, deux pays, à rêver ou tuer.
Il était une fois…
Une fille qui cherchait à retenir de ses doigts le mince filet de rêve salé que lui laissait les poissons.
Une fille qui cherchait à retenir de ses cheveux le mince rayon de rêve lumineux que lui laissait les nuages.
Il était une fois …
Elle et toi.
Deux âmes qui s’interdisent tout sauf de croire que demain peut être d’or et d’eau.
Deux dés donnés à des dames décideuses de destinées ! Les voila qui jouent et rejouent leur souffle au poker. Dame de pique, cœur, carreau, échec et mat, c’est leurs vies qu’elles remettent en jeu à chaque carte posée, à chaque dé lancé.
Il était une fois…
Bleu ou vert
Partir ou rester
Vouloir ou devoir
Aimer ou rejeter
Il était une fois…
La vie.
A toi ma chère Meduzantic, qui ne sait être entre deux. A toi qui connait la route sans la trouver, mais qui inspire par le rêve sûr de lui,
par les pas calculés d’une vie décidée. Qui même à la rencontre de rochers, de vagues traitres, sait retrouver le chemin d’une vie pleinement aérienne. A mon amie du vent, il était une fois une
fille qui savait où elle était ! Ce texte pour le souvenir de la petite sirène en chacune de nous deux, cette fille qui attends la terre promise et qui finit par la trouver.
Météo:
Sous l'eau ou sur la terre, une nouvelle ère s'installe. Attachez vous a vos bouées, ca va secouer!
Le Storia, au beau milieu du bleu, au centre de la terre mouvante, vous salue!
Joaluna
ourquoi bats-tu?
"Appel à tous les passagers. Dans une demie heure, à
chacun sa bouteille à la mer à jeter! Amoureuses, amoureux, préparez vos mots à la mer! Vos souhaits, vos regrets dans du verre, qu'elle apportera qui sait, peut être à votre réponse! Dans une
demie heure, tenez vous prêts au Pont Nord!Merci."
Minuit sur un pont parmis ceux du Storia. Et un autre soir, une
autre nuit, une autre vague noire teintée du reflet d'une autre lune. Toujours les mêmes yeux regardant un paysage similaire, fait de petits monts noirs et mouillés, clapotants dans une lumière
déjà connue. Les mêmes mains, sur le même pont.







Vos bouteilles