Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 00:01

 


Partir.


Y aller…. Partir, se promener, sortir, faire ses bagages, les avoirs déjà fait, pour ….s’en aller…

 

 Je dois y aller. Comme un coquelicot dévêtu de ses pétales, comme un monde défait de ses frontières, comme un coup de tonnerre privé de ses éclairs, comme un rire qui joue la grimace. Je dois y aller…Quatre mots qui se donnent la main plumée pour cingler le visage,  bourdonner dans les tympans,  serrer les veines et  qui aspirent en silence censuré, le sang de tout le cœur. Oui, je dois y aller.

 

 Je dois, je suis obligé, je n’ai pas le choix, c’est la vie, mais quelle vie, celle que l’on choisi, celle qui nous est imposée? Celle de la convenance, celle des interdits, des pressions, des oppressions, des ruptures et fuites. Je dois, c’est mon devoir, une question de responsabilité, de mesure, de timing, de seconde, comme si la vie était rythmée par des rencontres instantanées d’au revoir anticipés.

 

 Je dois y aller. Comme une larme cachant sa vérité amère, comme un sanglot qui retient un galop imprévu, comme une goutte qui ne sait vers quelle parcelle de peau glisser. Je dois y aller… Rien ne remplacera le silence de cette phrase abrupte et sans appel, et le monde peut s’écrouler. Oui, Je dois y aller.

 

Je dois,  c’est un fait, un perce oreille, un perce cœur, perce la vie, et l’illusion d’un temps impossible à arrêter. Mais je décide de mettre sur « stop » la bande son, j’installe une barrière imaginaire  au présent,  et je coupe l’avenir pour une seconde, déjà trop longue pourtant à tenir suspendue.

 

 Je dois y aller. Comme une voix qui cri du silence au silence, comme  une mer vierge, privée de ses navigateurs, comme un enfant perdu dans un magasin de bonbons en plastique. Je dois y aller…Quatre bruits qui tranchent, qui découpent un cœur sans défenses, pour finalement ne laisser à celui-ci, que le choix d’accepter silencieusement et sans rébellion,  les trous béants d’une bataille invisible. Oui, je dois y aller.

 

  Je dois y aller, c’est la fatalité d’un temps que l’on n’a jamais su faire taire, que l’on a vénéré, sublimé par les changements de couleurs du soleil levant et couchant. Ce sont toutes ces photos que l’on prend pour ne pas oublier qu’on l’a passé, qu’on y était. C’est toutes ses odeurs qu’on tente d’enfermer dans un mouchoir en papier. Ce ne sont finalement que ces subterfuges   qui nous permettent d’y survivre, laissant comme une porte ouverte entre le passé et l’avenir.

 

L’avenir….C’est revenir                                                                  

Revenir … déplier les bagages, sortir d’un train, précipiter ses pas, ouvrir ses mains pour…un retour…

 

  Je reviens. Comme  une musique adorée qui reviens à la mémoire, comme si on découvrait enfin le soleil, après une vie sur la lune, comme si le monde entier nous applaudissait, comme si chacun de nos pas semaient de l’or. Oui, je reviens.


  Revenir… retrouver les couloirs, atteindre enfin cette porte tremblotante d’impatience, mettre la main sur la poignée rêvée … du retour.


Je reviens. C’est une promesse, une récitation que l’on doit apprendre, croire, réviser, boire cul sec  jusqu’à s’en rendre ivre, chaque seconde de plus d’un… je dois y aller.

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Météo: Qu'il neige, qu'il pleuve, qu'il vente, tant que le temps nous permette ce retour ! 

joaluna

Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune - Communauté : Voyage voyage
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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 00:31

Joyeux noel a tous!!!

Le storia continu sa route, avec vous , passagers ! Il existe par vous, et aussi longtemps que vous serez à bord, il vous conduira au delà... de quoi, nous ne le savons toujours pas, mais Noel, c'est aussi ça, un peu de mystère et de magie, qui fait qu'années après années, on se retrouve encore à être ces enfants aux yeux tout ronds, qui avancent leurs mains pour toucher prudemment un bout du sapin piquant....comme si on doutait de son existence. Sur cette même note de doute, voguons, voguons sur le chemin étoilé, et prions pour que son clignotement ne dure pas qu'une journée de magie.

 Merci encore de votre fidelité et de vos commentaires toujours aussi émouvants. 

JOALUNA

Par Joaluna
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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 15:20

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 Nous voguons sur le jour et la nuit. Sur cette heure inénarrable où chaque aiguille hésite à dérouler ses secondes, de peur de brusquer l’errante et délicate brumaille.

 Nous naviguons, accrochés à une demi-part de lune et à une miette de soleil. Sur cet instant inimitable, où le funèbre jeu de lumière vacille et ne peux encore présenter à nos yeux laquelle lueur des deux endormira l’autre.

 Nous traversons prudemment les saisons. Sur ce chemin délicat tracé par un lointain magicien. Sur ces passerelles où le printemps, l’été, l’automne et l’hiver s’escortent tour à tour, et nous laissent au moment de leur relais mystérieux, voleter sur un vaporeux mirage.

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 La magie de l’eau fait de la brume son unique raison, de la lumière son seul joyaux, et repose les saisons sur sa plus belle constance. Voguons, naviguons, traversons sans frémir…L’eau délave l’horizon, fait couler nos montres, et trempe nos yeux dans un temps suspendu, qui réclame à demeurer.

                                                 Est ce rassurant ?

 

 Nous séjournons sur une terre fragile, qui ne sait choisir entre le chaud et le froid. Sur cette question perpétuelle du «  comment se vêtir », dont l’écho traverse monts et mers et s’échoue par delà les siècles.

 Nous résidons sur un sol indécis, qui refuse de délivrer son message avant que nos pieds eux-mêmes puissent le lire. Sur les vestiges d’un temps torturé d’avoir à produire chaque jour un nouveau parchemin.

 Nous logons sur une planète nauséeuse, dont l’état oscille entre pleurer et rire. Sur ce lopin de terreau  dont les trippes ont été retournées de feuilles, criblées de grêlons, tamisées par la pluie, et transpercées par des rayons assassins.

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 La magie de l’eau fait du vêtement sa dernière préoccupation et de son parchemin une promesse gorgée de sel. Elle dicte à ses terres bleues de garder un visage diaphane et de demeurer indifférentes aux tortures des âges. Séjournons, résidons, logons sans incommodassions…L’eau dévêtit toutes questions,  glisse sur nos pieds, et enfin, engloutit toutes les armes meurtrières que le temps cache en sa douteuse chaumière.

                                           Est-ce un piège salé ?


 

 La magie de l’eau repose sur un seul mot, sa constance.                                            Sur la constance promesse  qu’elle mettra les saisons, les siècles et les minutes à venir, dans le doute. Elle les laissera tous sans repères, avec la seule certitude pourtant, que tout n’est peut être.... qu’un simulacre bleu.

                      Alors, guide bienveillant, où espiègle maraudeuse de repère ?

                               La magie de l’eau….un secret bien enveloppé !

                              EAU ARN

Météo: Sentez vous, sentez vous cette douce magie ? Flocons... oui ou non, non et oui, sur l'eau se dépose une délicieuse imposture... vite effacée... 

Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune - Communauté : Voyage voyage
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 16:37

 

Qu'est ce que l'âme? On en parle comme de ces vieux contes qui s'enracinent dans le cœur des hommes, on n'y trouve plus que le bon et le mauvais, le noir et le blanc, la grâce et le maléfice, sans vraiment savoir où est la nuance intermédiaire.

 

Quoi qu'il en soit, on raconte qu'elle existe...

 

J'avance face à la mer... Le bruit de mes pieds calleux trottant sur les planches de bois, et j'admire...

 

L'âme ne serait ce pas ce qui vous salue sans le dire, rentre en vous sans y être invité, et vient mélancoliquement titiller chacun de vos sens?


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Un ouvrage aimé, une page ; un vieux livre, une nouvelle lettre.

Une photo, une image ; un souvenir vieillit, une redécouverte.


 

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 Je suis devant la mer... L'écho lointain des rivages inconnus me parvient tel un coup de canon tiré par un papillon, et j'admire...

 

L'âme ne serait ce pas ce qui vous pousse en avant sans vous toucher, vous souffle au visage le fantôme invisible du passé, et répand de façon nostalgique des pétales translucides dans votre ventre?

 

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 Un arbuste planté, un chêne centenaire ; une feuille morte piétinée, un bourgeon timidement né.

Un jardin abandonné, une terrasse en fin de journée ;  une balançoire décharnée, un lampion juste allumé.


 

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 Je me laisse complètement tremper par la mer... Le chuchotement de l'écume qui frappe mon visage me rappelle que je connais la liberté et le bonheur, et j'admire...

 

L'âme ne serait ce pas cette vague déferlante qui vous atteint sans vous mouiller, ce chant marin dépourvu de sens mais qui arrive pourtant à vous faire vibrer, et cette voix marine imaginaire qui dans un balbutiement inarticulé, soulève en vous une force qui fait parler votre corps tout entier ?


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Un voyage terminé, une aventure débutée ; l'odeur du sel d'une plage désertée, le bruit d'une voile montée.

Un bronzage pelé, une cicatrice indélébile ;  un coquillage dans une poche retrouvé, un billet d’embarquement déplié.



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 Je sèche aux rayons de soleil que la mer me renvoie, sans bruit, les yeux aveuglés par les myriades de scintillements instantanés, et j'admire...

 

L'âme ne serait ce pas ce moment où le ciel et la terre vous confondent en émoi sans vous avoir contraint, cet instant où la nature se donne comme un bijou que vous ne pourrez pourtant posséder que le temps d'un regard, et apporte cette chaleur qui vous brûle les pommettes et qui, pour autant, vous glace le sang? 

 

 

Je recule, réchauffée, tourne le dos à la mer... L'appel de l'eau bleue se refermant à jamais dans mes pensées, et j'admire...

 

Qu'est ce que l'âme ? On en parle comme de ses vieilles ritournelles chantées par des anges inspirés, qui en une vitesse de trois ou quatre nœuds, au dessus de l'horizon, pointent les éternels volcans qui accompagnent nos vies. Heureusement ou malheureusement, soulageant nos corps par des rêves insensés, ou appuyant sur nos membres déjà fragilisés.

 

Quoi qu'il en soit, on raconte qu'elle existe.

 

Météo: Le froid envahit le monde et laisse apparaître plus que jamais des brumes subtiles, soyez vigilants! 

 JOALUNA

Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 19:16
  On parle toujours de bateau, d'avions, de train, de routes, de chemin de fer, de moteur, et d'ailes.
  On exulte toujours les aventureux avec leur gros sac à dos, les baroudeurs aux sacs vides, et les grandes personnes à la petite malette en main.
  On félicite leurs projets devenus foudre de sourire, éclairs d'au revoir, pluie de bonheur.


  Le galet, lui, reste impuissant, entend la puissante houle de la foule qui foule ses bords...
 

 On salue toujours ceux qui partent. Ceux qui voyagent, ceux qui maquillent leurs yeux de leurs lunettes rose et qui serrent contre eux ces valises turquoises, comme si l'on allait leur arracher le départ.
 On complimente leur trajet tout tracé de boue, de feux d'artifice, de mystère, et de terre inconnue.
 On applaudie à leur ravissement, on embrasse leur allégresse, leur souhaitant un heureux plongeon.


 Le galet, lui, recrache son trop plein de sable rouillé par le temps; condamné à rester couché et piétiné par l'éternité salée...


 On considère ces halls d’aéroport, ces quais, qui comme un ventre vide engouffre d'un trait un monde malade et avide d'exile brigué.
 On expédie nos bagages en soute, en cale, au plus haut des filets; comme des enfants malicieux qui cachent un trésor de bandit.


 Le galet, lui, survit à l'idée que son voyage s'arrête à la prochaine vague qui le ramènera, sans surprise, dans les empreintes effacées des globes trotteurs....


 On trépigne d'impatience, les mains nouées, le coeur serré, et on rive nos yeux sur la montre enracinée poignet, lui suppliant, tels des disciples, qu'elle avance les aiguilles du temps qui nous séparent encore de l'ailleurs.
 On exige d'entendre cette voix prédicatrice et robotique qui claironnera l'imminente partance, et que l'on suivra comme des sectateurs, vers la destination accordée.
 On court alors, prêt à se marcher les uns sur les autres pour être bien sur d'être un des élus, comme si cette prophétie pouvait être encore une farce.


 Le galet, lui, observe silencieusement les larmes  des duels pour une place au soleil, et subsiste années après années dans son tombeau marin.



 Mais on mets les bouts, on s'éclipse, on se disperse, on se sauve et on se retire d'un monde auquel finalement on ne pourra jamais totalement échapper. 
Le galet, lui, sera toujours là pour saluer, s'incliner, respecter de rester.
 Ainsi, lorsque les voyageurs, éreintés de leur courses folles, se rendront à ses bords polis d'épreuves immuables, il saura  toujours accueillir ces rescapés de leur noyades. Il a le pouvoir de guerir les coeurs éplorés, les âmes larmoyantes, et les consolera par l'ivresse de ses crissements doux.


 Alors, être un galet ou une barque fragile, telle est la question....


Météo: Partir pour du beau temps ou rester sous le même soleil, l'important est de savoir revenir à son port un jour ou l'autre, à celui qui nous chérira toujours et qui nous attend sans détour.    
                                          
Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune
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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 20:22

Quelqu'un disait qu' il y a trois sortes d'êtres : les vivants, les morts et les marins.

Faisons alors en sorte d'être tous des marins.

 Je fais la ronde des ponts, je passe de couloirs en couloirs, dans l'espoir de suivre tes pas désormais sans parfum. 
Je prête l'oreille à chaque coquillages noyés, esperant y entendre cette voix familière que je cherissais tant.
Je regarde les rares oiseaux qui deploient leur ailes dans l'espoir de s'elancer vers la terre promise. Je me joint à cette promesse, celle de te retrouver.

 Les vagues continuent leur danse roulante. Les cabines jouent à cache cache s’éteignant les unes après les autres. Mais où te caches tu?

 Je murmure mes débrits de poèmes à ma nacelle cherie, dans l'ultime espoir qu'elle rame sous tes pieds mouillés.
 Je m'assoupie à l'heure de la tendre aurore, fermant les yeux sur les instants brillants d'une amitié sans tempête.
 Je décors le quotidien de l'onde d'une douce caresse humaine, suppliant les nuages qu'ils me donnent le pouvoir des cieux, celui de te retrouver.

 
La mer rugissante roule vers la lumière. Les passagers parlent et se taisent tour à tour, comme si le texte de la vie était écrit. Mais où discutes tu?

J' hausse la voix plus fort que l'écume agonissante contre des rochers inconnus,  pour briser son accord mélodieux qui m'a arraché à toi. 
Je tremble sur mon timide vaisseau, prisonnière d'un monde où aucune plage ne ramènera une bouteille de toi.
Je sublime ton image afin qu'ici bas tout te réponde, que ta silhouette de sirène demeure un secret d’éternité.


Les marins continuent à tirer les cordes, comme si le piano marin devait chanter à jamais. Les voiles bruissent à tue tête, sous l' orchestre du roi vent. Ou chantes tu à present?

Je m'arrête à chacun des rires parcourant mes oreilles, croyant entendre ta voix douce et majestueuse, comme pour ne pas réaliser que le tien est désormais de cendre.
Je cours impulsivement à la poupe, dans une colère insencée et vaine, titubant à l'idée d'un adieu impossible.
Je ne quitte pas du regard chaque vague qui tente de s'assoupir, je ne cède pas sous l'onde qui courbe le dos, leur rapellant chaque jour ton message coloré, celui de ne rien arrêter.

La foule se multiplie, visage après visage, sans jamais endormir le souvenir de ton âme adorée. Sous tes paupières désormais fermées, je sais que tu gardes milles étoiles.  Ou brilles tu désormais?

Je cherche au grès du hasard, m'éloignant des rivages, ce qui nous sépare. Le vent sème de nouveaux départs, où je te veux encore trop présente.
Je paye chaque souffles expirés pour continuer à voguer, tout en laissant à chacune de mes inspirations leur couvertures d'or que tu leur à données, et à jamais.
Je me batie une nouvelle coque, pour un peuple de sirène qui chante ton nom et qui est épuisé de tirer ce globe terrestre,auquel tu n'appartient plus.


Le ciel semble dévasté, ne sachant choisir entre ses étoiles ou leur reflet. Les rames du quotidien ne savent vers où se diriger, tant que le ciel aura sombré dans l'eau et qu'elles attendront ton miroir étincelant, devenu immobile.  Quelle route donnes tu?

J'écris des lettres et des lettres, que je jettes à l'eau, sachant parfaitement que les poissons ne savent pas lire.... Mais parfois dans l'air chargé de sel, j'espère les porter  vers un galet brassé par le sable qui polira mes mots délavés de regrets.
Je me plait à plonger dans l’élément bleu, dévêtu du monde, ou enfin je peux songer aux richesses intimes de nos liens, improbables, qui étaient mêlés de paix enveloppante. 
J'étais conquise de ton front plein de jeunesse malgré ton âge avancé, et en regardant la mer ridée de vagues je te croit encore parmi nous.


 La foudre assasine, les étoiles tombent; l'orage arrache le ciel, les nuages saignent. Sous la colère du monde, c'est l'univers entier qui te demande de me revenir. Ou nous guides tu?

Quelqu'un disait qu' il y a trois sortes d'êtres : les vivants, les morts et les marins.  
Faisons alors en sorte d'être tous des marins... Et ramons ensemble, toujours ensemble, sur la rivière de l'espoir d'un jour tous être réunis sous les voiles, et où l'étoile du berger nous guidera sans fremir.


A toi, ma tendre, ma douce, mon modèle. Que ton regard m'inspire, toujours et à jamais. Je t'aime..

Meteo: que le vent souffle souffle, souffle encore et toujours pour nous pousser vers demain, qu'il soit toujours porteur de rayons chauds.

 

 

 

Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune
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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 02:57

 Le silence... les ponts du Storia dorment, les cabines semblent elles aussi respirer l'air de la nuit. Cette nuit, celle qui d'un trait noir sait dire à la terre entière de chuchoter, celle là aussi qui d'une poignée d'étoiles apprend à l'univers entier à se regarder enfin.

 Encore une fois je me retrouve à poser mes mains sur ces rambardes que je connait trop bien, tellement bien qu'en les frôlant à peine, je ressent une nouvelle fois ce même appel marin parcourir tout mon corps. Ces rambardes que bien souvent j'ai serrées si fort, à m'en faire des crampes, tant je voulais saisir cet instant unique qu'est le silence plein de mot. 

 Le silence.... les pas des passants ne sont plus que des ombres décrochées, et les clapotis des vagues les seules berceuses à cette heure désirées.   Ces heures, qui ont les mêmes secondes que lorsqu'elles sont éclairées, et qui la nuit prennent chaque souffle, chaque battement de coeur à témoin de leur passage. 
 Encore une fois je me surprend à réentendre ces vagues qui me murmurent ce que je n'ai pu écouter le jour, à respirer la nuit comme si je pouvais à plein poumons garder en moi pour de bon cet instant unique où se mêle l'odeur marine et nocturne, cette odeur indescriptible qui me dit... silence, parle. 
Le silence... A cette heure les corps sont cachés des regards, et seules les étoiles et leur reine ont le droit de visiter nos contours. Cet échange nocturne, qui fait de nos silhouettes de nouvelles personnes, de nos ombres de nouvelles lumières. Cet échange même qui nous rend hypersensible, frissonnants, enfin détachés de notre apparence solaire.
 Encore une fois je me voit poser mes yeux sur rien, sur tout, en me disant qu'il est bien dommage d'avoir des paupières. Cette vision à la fois tellement vide et pleine de sens qu'elle ne peut que me montrer tout en noir pailleté, qu'il me faut regarder en silence bouche-bée.

Le silence... les rêves semblent flotter dans les couloirs, comme les fantômes des journées écoulées, écœurées et écorchées d'être écourtées par la nuit. Cette coupure du jour par la nuit qui sait si bien se faire sans bruit, à pas de loup, couleurs après couleurs, lentement, l'air de rien, et qui en un spectacle tellement bien ficelé, détourne l'attention de nos vies bronzantes. Cette coupure même qui nous fait dire à la nuit enfin tombée, "c'est si vite passé...."
 Encore une fois je me rappelle alors de toutes ces journées que je laisse souvent filer, des ces rambardes que je ne voit plus en plein jour, de ces vagues qui ne me disent rien que du bleu, de ces étoiles invisibles qui me font oublier que je suis debout sur une boule qui tourne en boucle, autour d'un soleil qu'elle n'a même pas choisit. Je me rappelle alors que je vis, que l'on vit, et je suis troublée de réaliser pour la centième fois que c'est le silence....qui nous relance le sens. La nuit m'ouvre la lumière sur le silence éloquent.
 

Météo: Silence silence, a trop parler, la nuit d'été tarde à arriver!
Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune - Communauté : Voyage voyage
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 22:43

 

A toi la mer….

Elle te regarde, elle te scrute de sa longue vue, fabriquée de bout de carton, depuis son plus jeune âge. Longtemps elle a contemplée tes jeux de lumières, a été fascinée par tes étincelles d’amour solaire, jusqu'à s’en rendre aveugle. Une cécité qui la poussait à courir vers toi, toujours plus vite… Les bras grand ouvert dans le noir de sa nuit, en étant seulement guidée par le son de ta voix éternelle, amère, mais tellement rassurante de ses grelots de sel. grelot.jpg


   Mer, ne me tourne pas le dos,

   L’ai-je moi fait un seul jour ?

   Elle a acheté un bateau pour visiter de plus près tes tourments aux allures de siphons, pour gouter au plus fort de tes tempêtes, pour ramasser toujours plus loin ce que tu pouvais lui offrir, lui faire découvrir. Et elle a ramé, ramé, jusqu’a en oublier de lever les yeux vers la boussole étoilée, jusqu'à en oublier de chercher l’oiseau de son rivage… Elle a usé sa voix et ses larmes à crier à ton port bienveillant ; à supplier de trop loin que tes phares ne s’éteignent pas, qu’ils arrêtent leur tour infernal, pour la guider paisiblement à jamais.

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 Que tes algues cachées des flots,

Me promettent de l’amour…

 Elle a changé de maillots de bain un milliard de fois pour être la meilleure à tes yeux, la plus adaptée, la plus apte, la plus parée. Bikini, maillot une pièce, deux pièces, maillot short, combinaison de plongée, masque et tuba s’il vous plait ! Elle a usé chacun d’eux jusqu'à la corde, en plongeant, sautant, nageant, coulant, dans cette même eau à courant chaud et soudainement glacialement froid.

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Mer, toi si imposante, si parfaite,

Ne vois tu pas plus loin que ton propre horizon ?

 Elle a marché dans le sable brûlant bien souvent, et malgré tout a perdue ses empreintes en s’essayant à ton bord. Braves empreintes affrontant les jours de marée haute, les passages à vos risques et périls ; ou bien innocemment empreintes sautillantes, légères, baladeuses aux coquillages… Toutes se sont retrouvées balayées fermement, essuyées de sable, petit pas après petit pas, jusqu'à  leur en faire oublier leurs propres formes. Alors elle a essayé de changer, sans les voir pour autant, ses empreintes profondes, bien trop lourdes, pour d’autres surement plus fluettes. Pour être le moins possible visible, un fantôme des pas présent,  et avancer sans faire de bruit en partant sous l’écume de tes grondements enroulés, témoin de désapprobation de sa route.

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Que tes yeux bleus un instant s’arrêtent,

 Pour dire oui, tu as surement raison.

Elle a écrit d’autres milliards de mots doux à ton rivage, en étant sans cesse à la recherche d’un nouveau message à t’exprimer, d’un dessin à t’offrir, tracés de ses dix doigts dans le sable mouillé. Elle faisait durer le plaisir en te cachant des coffres fort de bijoux derrière tes rochers ; en te laissant un parcours à suivre vagues après  vagues… Que sont ils devenus ? Certains chassés par le vent marin de l’oubli, d’autres asséché par le soleil du temps qui passe, et les coffres forts rouillés par l’abîme marine poussiéreuse. coffre.jpg


Mer, toi toujours prête à offrir jusqu'à tes fonds marins,

As-tu aujourd’hui perdue la clef ?

 Elle a essayé tellement de fois de tenir enfermé dans ses mains un peu de ton eau pour ne pas oublier les secrets que tu avais à lui chuchoter lors des chagrins. L’eau est comme le temps, il s’échappe, il s’enfuit… Serpent transparent qui se faufile entre des doigts apeurés, noyés. Elle ne restait alors qu’avec ses propres larmes pour pleurer d’elle-même ses secrets salés.

                                                                          eaumain.jpg


 Celle qui me permettait d’espéré de ta main,

La porte d’un bateau, la liberté approuvée.

 

Météo :  On a tous nos histoires avec la mer. L’orage se prépare, c’est à la bouteille qui ira le plus loin contre toute volonté marine! Ou bien la laisserez vous revenir, comme une épave échouée au rivage de sa protectrice désormais plus à nommer!

 

Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 17:08

Il y a des jours comme ça où la journée ressemble à la nuit.imagesCAY4T3QO.jpg


 
Le ciel et la mer jouent à qui cachera le mieux les étoiles.  Que celles-ci soient d’or lorsque le soleil pose ses yeux sur l’eau, où  qu’elles soient des diamants lorsque la lune sort sa plus belle parure, qu’importe… Oui qu’importe, reflets ou réalité lumineuse, c’est une porte ouverte sur  le tiroir aux rêves.




Il y a des jours comme ça où l’ennui nous nuit.

Les ponts du bateau parcourus par des pas qui répètent leurs précédents. Ronde de nuit  à grandes enjambées, à reculons, sur la pointe des pieds,  qui comme une danse nocturne, ferait tourner la tête au soleil. Que celui-ci fasse inlassablement le même parcours  sage autour de la mer, ou bien qu’un jour assoiffé, il plonge à midi, qu’importe… Oui qu’importe, habitude ou moment de folie, les rêves sont des gants de soleil.


 
  Il y a des jours comme ça qui songent à dormir.

Les passagers qui se croisent dans les couloirs des cabines, se saluant de leurs bonnets de nuit. Somnambulisme éveillé,  somnifères multivitaminés, toutes les recettes sont bonnes pour  tromper le temps.  Qu’il soit exigeant , qu’il soit dur… qu’importe… Oui qu’importe, tant qu’il nous reste un oreiller à penser.                                                                             

 

Il y a des jours comme ça qui courent après le temps.

 Foule sur les ponts. Les yeux rivés sur le soleil, c’est à celui qui devinera le plus vite le temps perdu. S’entrechoquent, se bousculent, tapent  les pieds sur le rythme des aiguilles.  Que les montres fassent du bruit où passent le temps en silence, qu’importe… Oui qu’importe, tant qu’il me reste une chaise avec pleine vue sur les rêves marins.

 



Il y a des jours comme ça qui s’effondrent comme un château de sable léché par une vague gourmande.

  Va et vient. Résignés, on suit des yeux les rouleaux chatouilleux, les bienvenus, les maudits. On ne choisit pas sa vague.  Que celle ci soit  chargée d’écume qui nous habille de dentelles, ou qu’elle fouette nos visages de son sel délavant, qu’importe…Oui qu’importe, j’achèterait cette nuit  au marchant de sable un seau et une pelle à rêve.


 Il y a des jours comme ça où l’on se sent prisonnier.


 
Entourés de la mer, sans autre horizon que celui qui promet le bleu, on se heurte à des barreaux invisibles. Prison dorée, repas maigre accepté, des clefs de sorties parfois même pas désirées,... alors qui est le geôlier ? Qu’on soit les détenus du temps qui passe, ou les riches résidents d’une existence mouvante, qu’importe…Oui qu’importe, les prisons autorisent les ailes.   
                        

Météo : Il y a des jours comme ça où l’on ne sait pas s’il fait beau ou pas, et si d’ailleurs on a envie de le savoir. Gardez un parapluie et un chapeau de soleil à la main, on ne sait jamais quel ciel nous tombera sur la tête ! Le storia vous salue de tous ses ponts ! (photo danseuse www.strapontins.org)

Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 20:54

Quelqu'un un jour a dit sur une des passerelles du Storia: "Je ne sais plus qui je suis alors, j'écris. A qui j'ai demandé un jour, un chemin pour la mer, m'a dit ne rien savoir. A qui j'ai demandé, un matin, le chemin de la montagne, m'affirme ne jamais être allé si haut. A qui j'ai demandé un soir, de m'accompagner au bout des rêves, m'a dit ne pas vouloir aller si loin." F.B - G.H

 

  Devant l'immensité bleue qui nous accompagne chaque jour, comme un eternel refrain salé qui fait mal aux lèvres à force de chanter amer, je reflechis...
 
 Comme un brouillon de vie, cette âme perdue cherche la mer, la montagne, un rêve, un quelque part, qui ferait refuge dans l'immensité inutile.

 Tant de voyages assis, les valises vouées à une éternité d'aeroport vide.imagesCAV6040R


 Tous ces regards perdus, les pupilles toujours plus ouvertes lors des jours sans soleil.

 Tous ces doutes qui assaillent l'esprit, jusqu'a en construire un nouveau paysage à l'allure de labyrinthe.

 Toutes ces peurs qui atteignent le cœur, les mains, les jambes, clouant telle la cire, une silhouette de sel qui ne sait saluer le ciel.


 

  Affirme toi, envole toi, oriente toi, ne t'écoute pas, ne te retourne pas...

 
 Et pourtant, comme des pages déjà écrites milles fois, cette âme perdue rature, jette les ailleurs, les uns après les autres, recommence un nouveau livre pour chercher une mer moins houleuse, une montagne encore plus haute, un quelque part, qui menerait à l'infini.


 Tant de valises pleines à craquer, les voyages vécus dans les cartes postales reçues.


 Toutes ces pupilles brûlées, le regard prisonnier d'une recherche solaire à l'allure d'étoile polaire.

 Tout ces chemins inversés, qui font douter chaque pas, trébucher même les plus orientés, dans les couloirs feuillus de l'esprit.imagesCABECFO1


 Tous ces mouvements statufiés de sel, qui laissent à la peur l'entière possibilité de souffler sur les parcelles immobiles, grain après grain.


 

 Pars enfin, arrête de chercher, ne t'arrête pas, court....


 

 Et pourtant, et pourtant, comme chaque jour de sa vie, chanson après chanson, histoire après histoire, film après film  elle attendra le rôle de sa vie qui la fera voguer lors des tempêtes, gravir les monts les plus escarpés, aller dans un quelque part, qui la conduira sans lui demander pourquoi.


 Tant de temps gâché à se préparer à partir.


 Tous ces jours de cécité en pleine lumière.


 Toutes ces écorchures pourtant invisibles.


 Toute cette destruction horrifiante, alors qu'il n'existe aucune chaîne aux pieds pour l'autoriser à effrayer.imagesCA4SZ8PO


 

 N'attends pas, n'écarquille pas les yeux, regarde devant toi, ne prends pas froid...


 

 Ne ressemble pas à ces voyageurs surchargés qui tentent de courir après les trains ratés,


 Ne suis pas Icare dans sa course au soleil jamais assez cuisant,200px-Landon-IcarusandDaedalus


 Ne chute pas comme Alice dans le cauchemar du labyrinthe aux couloirs sans portes, aux portes sans couloirs,


 Ne t'arrête pas comme la femme de Lot, qui laissée au bord du chemin, se meurt de sel. Petite icône ineffable d'une peur dévorante, témoignant de l'insoutenable, torturante tension entre l'avant et l'après, le passé et l'avenir. Merveilleuse dans sa stature, mais abandonnée dans l'histoire.


 

 Et pourtant, tu continueras, sur les passerelles du Storia, à chanter en duo avec l'immensité bleue, cet eternel refrain de la route sans lendemain,... cherchant dans le ciel ou la mer, une route tracée à ton nom, une montagne qui te sera destinée...

 


Météo
:  Ciel, où sont mes valises? L'escale a certainement assez durée, c'est au capitaine d'en décider... Je cherche mes valises, et essaye d'y mettre le soleil dedans. Mauvais temps, orage, neige, qu'importe les saisons, lorsqu'on en a les rayons...

Par Joaluna - Publié dans : empreintedelune
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Bienvenue à Bord!

Beaucoup de gens voyagent pour fuir : fuir le temps, les soucis, ou eux mêmes, pour la profusion de jeux, de sentiments et d'évasion. J'espère qu'à travers mes mots, une part de vous résonnera, telle la puissante et longue sirène du bateau qui annonce justement son départ imminent!

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